Les Bourgeois de Calais

Michel Bernard

Table Ronde

  • 16 octobre 2021

    Coup de cœur de la chouette

    Après s'être intéressé à Monet et Ravel, Michel Bernard nous emmène cette fois-ci dans l'atelier de Rodin, à travers l'histoire d'Omer Dewavrin, maire de Calais ayant commandé ce qui deviendra l'oeuvre la plus célèbre du sculpteur. Un roman très imagé qu'on prend un grand plaisir à lire !


  • par (Libraire)
    5 octobre 2021

    La genèse d'une oeuvre

    Calais ne fut pas toujours un camp illégal de transit pour migrants. La ville fut souvent associée, des décennies durant, à une une oeuvre sculptée majeure, immortalisée par un timbre postal: le bronze « Les Bourgeois de Calais » de Rodin. Six personnages en souffrance, conduit par Eustache de Saint Pierre, se livrent au début de la guerre de Cent Ans, au roi d’Angleterre, pour que soient épargnés leurs concitoyens et leur ville: oeuvre monumentale, mondialement connue, reproduite douze fois dans le monde entier de New-York à Séoul en passant par Londres ou Bâle. On sait que cette sculpture est l’oeuvre de Rodin, homme âgé alors de quarante quatre ans, dont le nom commence de plus en plus à émerger au firmament des arts. Décrié par les partisans de la tradition antique, imprégné de son maitre et prédécesseur le « père Rude », il impose une nouvelle vision de la sculpture, donnant vie et parole à des personnages qui bougent et agissent comme dans la vraie vie. Rodin est connu, bientôt reconnu. Beaucoup moins est le commanditaire de l’oeuvre à l’approche du centenaire de la Révolution Française, le maire Omer Dewavrin, notaire, notable établi, qui va, sous le charme du futur amant de Camille Claudel, devenir un partisan d’une statue hors norme tant en la forme, horizontale, que sur le fond, six personnages en souffrance et non six personnages héroïques.

    Michel Bernard nous avait séduit avec son ouvrage « Deux remords de Claude Monet » dans lequel l’écrivain en s’éloignant d’une biographie traditionnelle réussissait à nous faire pénétrer l’univers intime du peintre impressionniste obnubilé par son chevalet et ses tubes de peinture. S’appuyant cette fois-ci sur la correspondance entre l’élu et l’artiste, l’écrivain nous raconte la naissance puis l’épanouissement d’une belle amitié qui n’est pas sans rappeler celle entre Clemenceau et le peintre de Giverny. C’est le maire qui tient ici le rôle essentiel, un homme bon, modeste, qui ne sait lui même, formé à la culture classique, ce qui le séduit dans une oeuvre contraire a priori à ses gouts premiers et qui comprend à demi-mots le génie de cette silhouette lourde, massive, à la barbe fleurie si proche de l’allure générale de Claude Monet. Subjugué en regardant les visages de ces hommes effarouchés devant la mort, il comprend comme Monet que:
    « (…) ce regard qui dépassait l’existence humaine et sondait le passé et l’avenir, l’infini, n’était que l’empreinte des pouces de Rodin dans de la craie mouillée ».
    Le notaire est, avec l’immense sculpture, le sujet véritable du livre. Il donne plus qu’il ne reçoit de Rodin mais cette oeuvre en création, il la sent presque comme sienne.
    Il faudra dix ans pour que la statue soit enfin inaugurée en 1895. Les tergiversations répétées et fréquentes de Rodin ne sont pas étrangères à ces retards successifs, mais l’opposition des élus, l’ambiance conformiste dominante, les luttes politiques, une crise financière et une épidémie de choléra témoignent de la difficulté de concrétiser une oeuvre artistique en avance sur son temps. Ces tergiversations, hésitations nous rappellent les cris effarouchés devant l’installation des colonnes de Buren, devant la pyramide du Louvre de Pey. Comme le déclare Rodin,
    « Rien de grand ne s'était jamais élevé sans créer la surprise ».
    L’écrivain, qui ne saurait oublier Monet, comme une figure parallèle indispensable, par la grâce de ses mots, de son style brillant et lisse comme le bronze mille fois polis des corps de Rodin, rend ainsi grâce à la difficulté de créer mais aussi hommage aux femmes et hommes indispensables passeurs des génies. Heureusement Omer Dewavrin vit toujours. Son buste a été sculpté par Rodin.


  • par (Libraire)
    11 septembre 2021

    Sur fonds de ciel encombré et d’une mer vivante et mouvante de la côte Nord de la France, s’érigent depuis 1895 les six bourgeois qui ont jadis sauvé la ville de la vindicte anglaise, en s’offrant pieds nus et la corde au cou à l’ennemi. Six longues silhouettes, élancées vers le ciel, dont les pieds lourds de peur et d’honneur s’enracinent dans le sol comme n’importe quelle âme mortelle. Comment Rodin érigea-t-il ses bourgeois et pourquoi ? Quelles furent ses sources d’inspiration, et la nature de son amitié avec Omer Dewavrin, alors maire de la ville ? Michel Bernard entend répondre à ces questions dans son roman sensible et touchant, retraçant avec simplicité les échanges entre les deux hommes, depuis l’idée première de l'œuvre d’art jusqu’à son érection devant l’hôtel de Ville, deux décennies plus tard. A lire pour le plaisir et pour se rappeler en mémoire ce beau moment de l’histoire de notre coin de France.

    - Gwen, libraire (La Forge)


  • par (Libraire)
    6 septembre 2021

    Plongez dans l'univers de l'œuvre de Rodin

    Ce roman est une invitation à vivre de l'intérieur la création d'une œuvre mythique de Rodin.

    L'histoire de ces Bourgeois de Calais, les vrais comme les statues, est devenue une légende où le véritable héros n'est pas forcément celui que l'on croit !


  • par (Libraire)
    4 septembre 2021

    Magnifique !

    Michel Bernard est un des prosateurs les plus délicats de son époque. Sa plume est précise, limpide, simple. Elle sert ici une belle histoire, celle de la naissance d'une œuvre, d'un chef d’œuvre...
    **RENCONTRE AVEC L'AUTEUR SAMEDI 13 NOVEMBRE A 15H**


  • par (Libraire)
    31 août 2021

    Certaines œuvres d'art ont la faculté de faire dialoguer le passé et le présent. « Les bourgeois de Calais », façonnée par Rodin, sont de celles-là. Omer Dewavrin, maire humaniste, trouva en lui le parfait artisan de ce projet qu'il destinait à ses concitoyens, dans une ère de modernisation de la cité.
    Michel Bernard choisit d'axer plus encore son roman sur un second dialogue, qui préexiste, entre l'artiste et son commanditaire, dont les énergies et les volontés ont à s'associer. La sculpture prend vie sur un terrain solide, celui d'une respectueuse amitié.


  • par (Libraire)
    30 août 2021

    Voici est un roman historique passionnant sur ce qui peut apparaître comme un fait culturel mineur par rapport aux amples mouvements historiques que sont les guerres ou les grands personnages ou les lieux de pouvoir : la création par Rodin des" bourgeois de Calais". La rencontre que le sculpteur, qui, à cette époque, commence à connaître le succès, et Omer Dewavrin, alors maire de Calais sera déterminante pour l'existence d'une oeuvre majeure dans l'histoire de l'art. Mais ce monument ne naît pas sans difficulté et c'est cette épopée que nous raconte Michel Bernard. Doué de son style élégant, de son érudition impressionnante l'auteur sait parfaitement mettre en récit les archives et la correspondance entre protagonistes. Le roman dévoile petit à petit les enjeux, les affres de la création soumise aux humeurs des créateurs, au budget de la commande publique et aux goûts des hommes du temps. Ce faisant, Michel Bernard semble faire un clin d'oeil à sa propre oeuvre et tirer un trait union entre ses deux périodes et sujets d'inspiration, la guerre de Cent ans et la création de la fin du dix-neuvième siècle.


  • par (Libraire)
    30 août 2021

    Naissance d'une oeuvre d'art

    Michel Bernard nous séduit une fois encore ! Après Ravel, Monet et Jeanne d'Arc, c'est une oeuvre d'art qui est ici le sujet central du roman. Et quelle oeuvre d'art ! Une des sculptures les plus connues de Rodin : les Bourgeois de Calais. L'originalité est l'angle de vue choisi par l'auteur, et la juste place donnée au commanditaire de l'oeuvre : le maire de Calais.
    En peu de pages, nous assistons à la naissance d'une oeuvre d'art majeure : comment est née cette sculpture, pourquoi et par qui a-t-elle été commandée...? Puis sa réalisation... beaucoup plus longue que prévue : 10 ans ! Les vicissitudes de la création, les aléas de la commande publique, l'entêtement d'un homme (le maire) pour faire aboutir le projet : tout cela est magnifiquement évoqué par Michel Bernard qui excelle à reconstituer les étapes de la créations comme si nous étions auprès de Rodin. On croise bien sûr Camille Claudel, Octave Mirbeau, Monet et Rainer Maria Rilke.
    ET toujours cette écriture si caractéristique, par petites touches, impressionniste pourrait-on dire. C'est fin , élégant, instructif... sensible. On applaudit.


  • 19 août 2021

    Michel Bernard est égal à lui-même !

    La langue est raffinée et c'est un vrai bonheur. Ce style convient tout à fait au sujet : un grand sculpteur donnant forme à un épisode de l'Histoire un peu oublié. On savoure ce style mot à mot.

    Ce qui est remarquable, c'est que les personnages souvent un peu figés dans leur légende prennent vie et deviennent profondément humains. On rencontre vraiment Rodin, Camille Claudel... En fait, il y a un avant lecture et un après.

    J'ai bien aimé aussi le rapport respectueux et amical qui naît entre deux personnages différents que rien ne prédestinait à se rencontrer : l'artiste visionnaire et l'élu à la vie rangée. J'ai apprécié la vision de l'héroïsme "au quotidien" des bourgeois se sacrifiant pour leur ville avec la peur au ventre pour certains, l'élu combattant le choléra dans sa ville (ça nous rappelle qu'il y a eu des pandémies avant nous !) et se battant pour le projet artistique auquel il croit.

    À quand le prochain roman ?

    A.


  • par (Libraire)
    10 août 2021

    Le maire et le sculpteur

    Méconnue, improbable et inattendue, c'est pourtant l'une des rencontres les plus fécondes de l'histoire de la sculpture, celle qui mena à la création des « Bourgeois de Calais », une rencontre entre deux hommes que tout oppose, que tout devrait fâcher dès le premier instant, la rencontre entre deux caractères obstinés et dont l'obstination même sera le ferment le plus sûr, le lien le plus ferme malgré les aléas et l'adversité. De son regard perçant, de sa prose sensible et précise, Michel Bernard tire cette rencontre de l'oubli dans un récit romanesque intense, riche et passionnant. Il pétrit la matière insaisissable de ce qui se joue entre le bourgeois et le bohème, entre le commanditaire, notaire et maire de Calais et le sculpteur Auguste Rodin, entre le politique et l'artiste qui se nourrissent l'un de l'autre, se transforment l'un l'autre, se subliment l'un l'autre. Plus profondément, il questionne le rapport de l'art au politique et met en relief ce que certains savent en faire de plus admirable, comme il le montra si bien déjà entre le peintre Claude Monet et Georges Clémenceau dans « Les deux remords de Claude Monet » et entre Charles VII et le peintre peintre Jean Fouquet dans « Le bon sens ».